L'expérience
de développement des communautés de Val-Pin-en-santé
(Section Le guide en un coup d'oeil )
Val-Pin, un village d'environ 2 000 habitants, est situé à une
vingtaine de kilomètres d'un centre urbain régional.
Attirant depuis peu de nombreux travailleurs de la ville voisine, certains
membres du Conseil municipal étaient préoccupés
par le fait que les nouveaux arrivants mettaient du temps à s'intégrer
au milieu et qu'on les voyait rarement dans les comités
ou les activités locales.
Un élu ayant entendu parler du mouvement Villes et Villages en
santé, il propose que la municipalité adhère au
Réseau québécois, entreprenant ainsi une démarche
de développement des communautés dans son milieu.
On organise une rencontre publique à laquelle sont conviés
des organismes et institutions pour présenter l'idée
d'un comité intersectoriel Val-Pin-en-santé. À l'issue
de cette discussion, un comité est formé. Il rassemble:
deux citoyens, deux élus, des représentants de cinq organismes/institutions,
dont l'agent de développement de la Municipalité régionale
de comté et de l'organisateur communautaire du Centre de
santé et des services sociaux. On émet le souhait que le
comité travaille en concertation avec tous les acteurs du milieu
et que les citoyens soient impliqués le plus possible dans les
activités réalisées. Le projet « Val-Pin-en-santé » prend
ainsi son envol.
Après discussion au sein du comité, un premier projet
nommé « Bienvenue chez vous! » est mis en
branle. Il vise à développer le sentiment d'appartenance
chez les nouveaux arrivants tout en renforçant celui des citoyens
installés depuis plus longtemps. On organise alors des activités
comme un pique-nique annuel et un réseau de parrainage civique.
Après un certain temps, même si les activités du
projet « Bienvenue chez vous » semblent être
très appréciées de plusieurs nouveaux arrivants,
on constate que l'on n'arrive pas à intéresser
les nouveaux venus à plus faible revenu, attirés par un
coût du logement moindre que dans la ville voisine. On tente alors
de les rejoindre de manière plus spécifique afin qu'ils
s'impliquent pour développer des activités adaptées à leurs
besoins. À partir d'une proposition d'Action Solidarité,
un organisme communautaire du territoire engagé dans le soutien
des personnes à faible revenu et membre du comité Val-Pin-en-santé,
on décide de mettre en place un projet de cuisine collective.
On parle même de développer un système de transport
collectif en collaboration avec des collectivités voisines.
Avec l'ajout de nouvelles activités, les membres du comité ont
conscience de donner une orientation quelque peu différente à leur
projet initial. Ils veulent prendre un moment d'arrêt pour
voir ce qu'ils ont accompli et pour mieux planifier l'avenir.
L'idée de faire une évaluation est alors avancée,
sans que l'on sache de manière précise ce qu'on
veut dire par cette démarche, ni ce qu'on en attendrait.
Le comité Val-Pin-en-santé veut évaluer
son projet
(Section comment faire ?, module 1)
Le comité Val-Pin-en-santé organise une rencontre spéciale
pour parler de l'évaluation. On se pose alors deux questions: pourquoi
voulons-nous
évaluer et comment pourrions-nous le faire? On réfléchit également
sur les conditions gagnantes d'une évaluation à partir d'un
outil que la responsable du comité a trouvé dans la trousse d'accompagnement de démarches du Réseau québécois des Villes et Villages
en santé et a adapté aux besoins de son comité.
Les
conditions gagnantes d'une évaluation
Après discussion, on constate que les attentes et les besoins des
uns et des autres sont passablement différents. Ainsi, une personne
souhaite que l'évaluation fournisse des données pour démontrer
que le projet fonctionne, notamment pour obtenir du financement d'un organisme
provincial; une autre veut que l'on se penche sur le fonctionnement du comité,
puisqu'elle sent un certain essoufflement chez ses membres. D'autres encore
veulent que l'évaluation contribue à orienter la suite du
projet de meme qu'à stimuler l'adhésion de nouveaux partenaires.
Avant d'aller plus loin, les membres du comité Val-Pin-en-santé se
demandent aussi s'ils vont eux-mêmes faire toute l'évaluation
ou s'ils vont demander du soutien extérieur. Pour réfléchir à cette
question, ils utilisent l'outil « Qui va faire l'évaluation »?
Qui
va faire l'évaluation à Val-Pin-en-santé
Pour poursuivre la réflexion, le comité Val-Pin-en-santé décide
de mandater deux de ses membres (Julie, une jeune citoyenne très
engagée dans le projet, et Normand, l'organisateur communautaire)
afin d'explorer la meilleure formule pour répondre aux préoccupations énoncées
par le groupe. Julie et Normand contactent différentes ressources
susceptibles de les
éclairer en évaluation (une agente de recherche à la Direction
de santé
publique de leur région et un chercheur de l'université voisine).
Ils lisent aussi quelques documents sur l'évaluation dont « L'évaluation
a votre portée » et le Guide d'évaluation.
Étant donné le moment particulier où est rendu leur
projet et leur volonté de se donner une vision partagée de
l'avenir, ils pensent que l'évaluation de processus telle que présentée
dans le document « Sait-on bien travailler ensemble? » pourrait
convenir au comité.
Le comité Val-Pin-en-santé se réunit ensuite pour
prendre connaissance des différentes options explorées par
Julie et Normand, et notamment de leur proposition de faire une évaluation
de processus. En plus de s'intéresser aux façons de travailler
ensemble (intéret ayant été exprimé par un membre
du comité), cette approche permettrait de se donner une vision partagée
de ce qu'on veut faire et arrimerait l'évaluation au processus de
planification et de réalisation du projet.
Quant à savoir qui fera l'évaluation, les membres du comité Val-Pin-en-santé
veulent demeurer maîtres d'ouvre de tout le processus d'évaluation,
mais ils souhaiteraient etre soutenus par une personne plus ferrée
en évaluation.
Le comité Val-Pin-en-santé se tricote une équipe
d'évaluation
(Section Comment faire ?, module 2)
Le désir du comité étant de rester lui-même
responsable de son évaluation, on décide de former une petite équipe
composée de quelques membres plus intéressés par l'évaluation
qui prendra la responsabilité de réaliser l'évaluation,
tout en informant régulièrement le comité Val-Pin-en-santé.
Julie et Normand ayant déjà réfléchi à l'évaluation
sont intéressés à faire partie de ce comité d'évaluation.
Georges, un bénévole à la retraite, accepte de leur donner
un coup de main. Le professeur d'université contacté au
départ, monsieur André, ayant semblé intéressé par
la démarche du comité, on lui demande d'appuyer l'équipe
au besoin.
Étant donné l'intérêt plus poussé de
Julie en ce qui à trait à l'évaluation, on lui
confie le leadership de cette évaluation.
Il est convenu que même si c'est l'équipe d'évaluation
qui a le mandat de concevoir et de réaliser toute la démarche
d'évaluation, celle-ci travaillera en étroite collaboration
avec le comité Val-Pin-en-santé.
Val-Pin-en-santé identifie les dimensions qu'il veut étudier
(Section Comment faire ?, module 3)
Se donner une vision partagée
Dès leur première rencontre, les membres de l'équipe
d'évaluation s'entendent pour dire que la première étape à franchir
consiste à développer une vision partagée de la suite
du projet. Pour eux, l'ensemble du comité Val-Pin-en-santé
devrait être alors partie prenante de cet exercice.
On organise donc un atelier d'une journée pour bâtir la « théorie
de l'action » qui sous-tend toute la démarche de Val-Pin-en-santé;
l'exercice sera animé par monsieur André, le professeur d'université,
qui donne un coup de main ponctuel à l'équipe d'évaluation. Cette
théorie de l'action illustre la vision partagée que les membres
du comité Val-Pin-en-santé ont du projet. Elle met également
en évidence trois préoccupations centrales du comité: la
concertation au sein du comité, le renforcement du sentiment d'appartenance
des gens à leur municipalité et la participation des arrivants
à faible revenu à l'amélioration de leurs conditions
de vie. Elle permet
également de préciser le cheminement nécessaire pour
aborder ces préoccupations, notamment les éléments qui
apparaissent comme plus importants. Julie compile,
à l'aide d'une figure synthétique, les composantes de la théorie
de l'action du groupe.
La
théorie de l'action de Val-Pin-en-santé
Identifier les dimensions
À partir de cette théorie de l'action, le comité se
penche sur les dimensions qu'il veut approfondir dans le contexte de l'évaluation.
On décide de regarder le fonctionnement de la concertation au sein
du comité (règles communes, relations de confiance); l'évolution
du sentiment d'appartenance et la capacité des nouveaux arrivants à faible
revenu à améliorer leurs conditions de vie.
Les membres de ce comité sont conscients qu'évaluer ces
trois éléments demandera beaucoup de temps (on suggère
généralement 1 ou 2 dimensions au maximum), mais ils estiment
qu'en se partageant le travail, suffisamment d'informations pour chacune
des trois dimensions pourront être recueillies.
Après avoir choisi les dimensions, il s'agit maintenant de les
définir de manière opérationnelle et de préciser
les éléments qui feront l'objet de la collecte de données.
L'équipe d'évaluation organise donc une deuxième rencontre
avec le comité Val-Pin-en-santé. Après de nombreuses
discussions, on arrive à s'entendre sur les éléments
qui seront finalement évalués.
Les
dimensions retenues à Val-Pin-en-santé
L'équipe d'évaluation bâtit son plan d'évaluation
(Section Comment faire ?, module 4)
L'exercice de sélection des dimensions et des éléments à évaluer
a permis à l'équipe d'évaluation de savoir quel type
de données
elle aurait à recueillir. L'étape suivante consiste à réfléchir
aux méthodes a utiliser pour collecter ces données, ce qui est
fait lors d'une réunion de l'équipe. Ensuite, Julie s'efforce
de préciser les ressources qui seront requises et de fixer le calendrier
des travaux, afin d'en discuter en équipe. Cette dernière a maintenant
son plan d'évaluation qu'elle présente au comité Val-Pin-en-santé.
Le
plan d'évaluation de Val-Pin-en-santé
Les méthodes de collecte
Dans ce projet, plusieurs méthodes pouvaient convenir à la collecte
d'informations. Pour les données nécessitant une observation
continue, notamment celles relatives aux modes de fonctionnement du comité de
projet, l'équipe d'évaluation décide de monter un mini-journal
de bord. Normand propose qu'on fasse deux versions: une individuelle,
permettant aux membres de Val-Pin-en-santé d'y consigner leurs informations,
et une collective qui rassemblera les points de vue individuels. Les données
de nature factuelle portant sur la participation à des activités
seront recueillies par le biais d'un tableau de bord. Quant à
celles portant sur l'opinion des nouveaux arrivants autour du sentiment
d'appartenance et sur la participation, on choisit de procéder par
un questionnaire et faire quelques entrevues.
Le
mini-journal individuel de Val-Pin-en-santé
Le
journal collectif de Val-Pin-en-santé
L'échéancier
L'idée étant de faire une évaluation continue, l'équipe
pense que les données doivent être compilées pendant plusieurs
années. Toutefois, pour se donner un objectif concret et l'aider à se
motiver, elle décide de planifier la collecte des données pour
une période initiale de 2 ans. Un bilan sera ensuite fait et le comité décidera
alors de la pertinence de poursuivre la collecte de donnée de façon
permanente.
Les responsables de la collecte
La collecte des données concernant le fonctionnement du comité Val-Pin-en-santé
sera sous la responsabilité de Julie, qui en est membre et qui s'intéresse
à son fonctionnement et à sa dynamique. On convient que tous
les membres du comité Val-Pin-en-santé (et ceux-ci ont donné leur
accord) consigneront leurs observations dans un mini-journal individuel
fourni
à cet effet. Julie verra à compiler les points de vue de chaque
membre dans un journal collectif et à encourager la discussion entre
les membres du comité à partir de cette compilation.
Pour la compilation des données relatives à la participation
à certaines activités, ce sera Georges, le responsable du projet « Bienvenue
chez vous! », qui tiendra le tableau de bord. Les entrevues et
le questionnaire seront réalisés par une stagiaire proposée
par monsieur André.
L'analyse
des données à Val-Pin-en-santé
(Section Comment faire ?, module 5)
Une fois les données recueillies, l'équipe d'évaluation
de Val-Pin-en-santé
veut maintenant découvrir la signification de ces informations, comprendre
ce qu'elles peuvent leur apprendre. Elle s'engage donc dans l'étape
d'analyse des données.
En fait, l'équipe constate qu'un premier niveau d'analyse des données
a déjà été réalisé lors des discussions
régulières liées à l'entrée des données
dans les mini-journaux, et ce, tant au sein de l'équipe d'évaluation
qu'avec le comité Val-Pin-en-santé. Julie, aidée de Normand
l'organisateur communautaire, veillait à ce que les échanges
autour de l'évaluation soient réguliers et stimulants.
Après deux ans de collecte des données, l'équipe estime
qu'il est nécessaire (ce qui avait été d'ailleurs prévu
au début de l'évaluation) de faire un bilan des données
recueillies. Dans un premier temps, on rassemble dans une grille de compilation
les informations recueillies, au fil du temps, dans les journaux périodiques
(10 journaux sur une période de 2 ans), et ce, pour chacune des dimensions.
Grille
de compilation de Val-Pin-en-santé
On compile également les informations sur la fréquentation
des activités, collectées par le biais du tableau de bord;
même chose pour les réponses au sondage et les propos recueillis
lors des entrevues (la compilation des entrevues étant faite par
l'étudiante de monsieur André).
L'équipe a maintenant en main de nombreuses informations provenant
de plusieurs sources; elle demande à Julie de les regrouper autour
de chacune des dimensions retenues au départ. Julie choisit de rassembler
les données de façon informatique en créant un fichier
pour chacune des dimensions et en y mettant toutes les informations relatives à ce
sujet. L'information est alors organisée de façon chronologique,
c'est-à-dire que l'on voit, dans le temps, ce qu'on a dit et observé sur
chaque dimension. Elle peut ensuite imprimer ces fichiers et les fournir
aux autres membres de l'équipe.
On organise alors une rencontre spéciale regroupant l'équipe
d'évaluation et certains membres du comité Val-Pin-en-santé.
Cette rencontre est animée par monsieur André, qui suggère
de prendre les données relatives à chaque dimension et d'en
faire ressortir les constats. Chacun exprime son point de vue et on en
discute de façon à retenir deux ou trois constats principaux
pour chacune des dimensions.
Suite à la rencontre, Julie se propose pour compiler les résultats
de l'analyse afin de les resoumettre à l'équipe et au comité pour
validation. En guise de synthèse finale, le comité propose
de construire un tableau de cheminement.
Tableau
de cheminement de Val-Pin-en-santé
Les principaux constats sont les suivants :
- Concernant le fonctionnement du comité :
- De façon générale,
les membres sont satisfaits du mode de fonctionnement du comité :
on a pris le temps de se connaître et la confiance s'installe
graduellement.
- Un certain malaise existe quant à la
cohabitation de citoyens et de directeurs d'institutions. Leur
motivation et leurs attentes divergent souvent. De plus leur
habileté a faire passer leurs idées n'est pas la
meme et certaines personnes s'en trouvent genées.
- Concernant le sentiment d'appartenance
- Le comité a beaucoup cheminé sur
le sentiment d'appartenance, notamment
à travers l'atelier sur ce concept et le sondage. On en
a mieux compris la complexité.
- Le projet de parrainage a vu le jour
assez rapidement. On a réussi a mobiliser la communauté pour
planifier ce projet; il reste à voir comment il s'implantera
réellement.
- Alors que certains membres trouvaient
que toutes ces actions faisaient perdre du temps, on s'est finalement
rendu compte de l'importance de prendre un temps de réflexion
avant de se mettre en action.
- Concernant la participation des nouveaux arrivants a faible
revenu
- Cet objectif a été travaillé seulement
au cours de la derniere année.
- Les appuis du CSSS et de l'organisme
Action Solidarité ont été déterminants,
puisqu'on était un peu démuni pour savoir comment
identifier et rejoindre ces nouveaux arrivants.
- Le projet de cuisine collective est
rassembleur et motivant. Ce sera un des moteurs du comité Val-Pin-en-santé pour
les prochains mois.
Val-Pin-en-santé fait connaître les retombées
de son projet et utilise ses résultats d'évaluation
(Section Comment faire ?, module 6)
Diffusion des résultats de l'évaluation
À partir de l'analyse des données et du tableau de cheminement
réalisé par Julie, l'équipe décide, avec le comité Val-Pin-en-santé,
de rédiger un court texte
à insérer dans le journal local.
On profite également d'un brunch communautaire à Val-Pin pour
présenter les résultats des deux ans d'évaluation et
de faire s'exprimer les gens sur les pistes d'action qu'ils peuvent inspirer.
On profitera aussi d'une rencontre organisée, dans la ville voisine,
sur les initiatives communautaires pour faire connaître les conclusions
de l'évaluation à l'ensemble du territoire.
Utilisation des résultats
Même si la participation des membres du comité Val-Pin-en-santé a
fourni de nombreuses occasions d'échange sur leurs actions et leurs
façons de faire, ils souhaitent que les conclusions de l'évaluation
servent à revoir leur démarche. Les membres du comité d'évaluation
organisent donc une rencontre avec le comité Val-Pin-en-santé pour
faire le bilan de leur évaluation et voir, à partir des constats
de l'évaluation et des idées émises lors de la rencontre
publique, comment orienter leur démarche.
On s'entend pour dire que le fait de s'arrêter régulièrement
sur certaines dimensions (celles de l'évaluation de leur projet) a
permis au comité Val-Pin-en-santé de garder le cap. Au fur et à mesure
que se présentaient de nouvelles informations, ils pouvaient en discuter
et modifier ou réorienter leurs actions. Comme ils avaient choisi de
documenter le fonctionnement de leur comité, cet exercice les a aidés à s'intéresser à cette
dimension, plutôt que de tenir pour acquis que les choses se passeront
d'une certaine façon. Cette réflexion a contribué à surmonter
certains défis tels que le départ du CSSS du comité Val-Pin-en-santé et
la cohabitation de membres de provenance très diverses.
La rencontre publique a par ailleurs mis en évidence la nécessité
de poursuivre le travail sur le renforcement du sentiment d'appartenance.
On a aussi constaté que si la cuisine collective constitue un projet
intéressant en soi, elle est aussi une belle occasion d'amener les
personnes à faible revenu à faire connaître leurs besoins
et à identifier de nouveaux services ou activités qu'elles
souhaiteraient.
Suite à cette discussion, on revoit la vision partagée du projet
que l'on s'était donnée lors du lancement de l'évaluation,
il y a deux ans.
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